Les
néolibéraux font reposer tout le fonctionnement de l’économie sur l’harmonie du marché, force est de constater qu’ils se trompent. Lorsque trois banques Anglo-Saxonnes perdent 18, 19 et 21 milliards de $,
sans opérations frauduleuses, sans Jérôme Kerviel, lorsque en France la SG voit 7 milliards d’€ s’évaporer d’un seul coup, comment les nombreux
commentateurs et éditorialistes peuvent ils mettre la crise financière sur le compte d’une folie des marchés ? Folie et immoralité ne veulent rien dire il faut parler de cécité
intellectuelle, d’entêtement idéologique.
Le trader fou et l’accès de folie sont là pour masquer le disfonctionnement actuel. Ils donnent une apparence d’aberration exceptionnelle, un égarement incompréhensible, afin
de ne pas remettre en cause les structures, le fonctionnement du système, en continuant d’affirmer son parfait bon sens. Face à de telles secousses, l’acharnement en leur croyance libérale, en
leur capacité de déni mérite d’être dénoncé.
La finance libéralisée a un besoin permanent de cette folie pour fonctionner. Tous les acteurs sont laissés libres de développer frénétiquement leurs intérêts de profitabilité
maximum dans des conditions féroces de concurrence et d’évaluation. C’est l’application directe du rêve sarkozyste, mérite individuel par l’argent, saine concurrence, évaluation permanente, d’où
le disfonctionnement du système.
Folie et immoralité révèlent l’effet, la cause provient des structures.
Suite à la déréglementation des marchés de capitaux 24 crises se sont succédées depuis 1971, elles affectent des secteurs différents avec : le même délire spéculatif, la
même carence des agences de notation, la même prolifération des structures hors bilans échappant aux contrôles comptables réguliers. Le krach de 1987 a égalé celui de 1929, non seulement en
importance, mais il a été le premier à survenir depuis cette date, un recul de soixante ans. En 2007 la Northern Rock (banque anglaise) a frôlé la faillite il faut remonter à 1866 pour en
retrouver l’équivalent. Comment peut-on parler de progrès de modernité ! Pourtant les ayatollahs idéologues néolibéraux n’en démordent pas, a chaque crise les mêmes recommandations, les
mêmes promesses solennelles de transparence et de moralité qui ne sont jamais tenues dès que la bulle suivante commence.
De toute façon les responsables savent qu’ils ne seront jamais inquiétés lorsque la bulle financière qu’ils ont crée est lancée elle doit un jour éclater. Le banquier central
devant l’énormité des conséquences sera pris en otage, il devra leur sauver la mise, la perversité du système est évidente. Pour ne pas affronter cette situation il faut empêcher la formation de
la bulle en jouant sur le crédit, mais en le restreignant le risque est de tuer l’économie réelle. Pour éviter cette asphyxie il faut envisager deux taux différents l’un pour l’économie
productive l’autre, à destination de la finance.
Les solutions techniques existent : crédit, plafonnement de la rémunération des actionnaires… mais elles sont nulles tant que les politiques n’ont pas la volonté de les
appliquer. Depuis vingt ans ils préfèrent les solutions de marché à des solutions de remplacement réglementaires, depuis vingt ans leur inaptitude est avérée. Tous les faux-culs du système
tissent les louanges de l’UE bouclier contre la mondialisation alors qu’ils savent pertinemment que les traités européens sanctuarisent la liberté de
mouvement des capitaux, et s’opposent à toutes contraintes contre la finance. La liberté de mouvement des capitaux était inscrite dans la charte des droits fondamentaux du TCE de 2005, le TME
article III-56 précise Toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre
les États membres et les pays tiers sont interdites. Il a pourtant été adopté par voie parlementaire obscène déni de démocratie français.
Le FMI envisage le pire son directeur général adjoint a déclaré les gouvernements doivent se
préparer à utiliser l'argent des contribuables pour sauver le système financier. Selon lui il faut envisager l'impensable, c'est-à-dire
l'effondrement du système financier mondial, même si ce scénario reste improbable. Il a aussi affirmé les pouvoirs publics ont un rôle à jouer
lorsque les solutions du marché ont été épuisées, en ajoutant qu'il faut envisager toutes les options, y compris l'utilisation des fonds publics. En clair le FMI est favorable au sauvetage par l'Etat des banques menacées de faillite.
Pour Monsieur Jean Claude Trichet La lutte contre l'inflation est
la plus haute priorité de la BCE. Face à l'envolée des prix des denrées alimentaires et de
l'énergie il craint de fortes revalorisations de salaires, qui viendraient encore alimenter l'inflation. Il a justifié la politique menée par la BCE qui maintient son taux directeur inchangé à 4%
depuis l'automne dernier. Alors que la FED aux USA a ramené son principal taux directeur à 2,25%.
Les citoyens français comprennent parfaitement que cette politique économique engendre, la régression, la baisse de leur pouvoir d’achat, le chômage, le crédit cher, les
délocalisations… La parfaite autorégulation des marchés est une duperie qui doit être dénoncée nous ne pouvons attendre passivement la prochaine crise les causes inchangées produiront les mêmes
effets. Personne ne peut rester insensible au spectacle de ses formidables destructions de valeur, ne pas exploiter les soubresauts de ces crises en installant la question financière au cœur du
débat politique serait une faute politique.
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