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Le chemin vers une société du progrès humain passe par la sortie du capitalisme et de l'économie de marché. Jacques Généreux
( LE SOCIALISME NEOMODERNE ou l'avenir de la liberté
)

Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /Sep /2006 16:56
Texte du discours de Laurent Fabius :
Mes camarades,
D’abord, un mot d’amitié et de remerciements à ceux qui vous symbolisent aujourd’hui, outre François bien entendu : Serge Janquin, Premier secrétaire, Guy Delcourt, le maire de Lens qui nous accueille, Daniel Percheron, le Président de la région, et Dominique Dupilet, le Président du département. J’ajouterai un nom. Celui d’un ami de tous ceux qui sont ici, qui était, avant, parmi nous : Marcel. (applaudissements)
Mes camarades,
La discussion, oui. La dispute, non. Voilà les limites et l’objectif de ce que nous faisons aujourd’hui et qu’il faudra continuer dans les semaines qui viennent. Car je ne sais pas quel est votre sentiment à cet instant où, avant-dernier orateur, je m’exprime, mais probablement beaucoup d’entre nous et, au-delà de cette salle, beaucoup de ceux qui nous écoutent ou nous écouteront grâce à la presse, doivent se dire " mais au fond ces socialistes, ils sont venus l’un après l’autre, sympathiques, talentueux, mais ils sont d’accord ". Et c’est vrai que sur l’essentiel, nous sommes d’accord. Sinon nous ne serions pas socialistes. Mais il y a aussi des points, pourquoi ne pas le dire, sur lesquels il faut aller plus loin dans notre discussion. Car il ne serait pas normal que les débats, comme c’est le cas aujourd’hui, aient lieu à propos du Parti Socialiste partout en France, sauf véritablement au sein du PS. Il faut les débats au sein du PS, aux militants de trancher et ensuite tout le monde rassemblé dans l’unité. (applaudissements)
Nous ne savons pas encore qui sera notre candidat. Mais nous savons déjà qui sera notre adversaire et il ne serait pas normal que, passant quelques heures ensemble, relayées puissamment, nous ne consacrions pas une part importante à cet adversaire. François le fera sans doute. Je le ferai en quelques dizaines de secondes à ma manière.
Oui, on l’a dit, monsieur Sarkozy est un homme dangereux. Mais le danger est encore plus grand lorsqu’il est assorti de talent et de moyens financiers et médiatiques considérables. (applaudissements) Et autant je suis en désaccord sur beaucoup de points avec M. Bayrou, autant je pense que sur cette question du contrôle financier, économique des médias, il a eu raison de dire ce qu’il a dit. (applaudissements)
Monsieur Sarkozy, qui sera vraisemblablement candidat à la Présidence de la république, est un réactionnaire. Nous, nous sommes socialistes. En une seule après-midi, se posant par hélicoptère au Medef, il a, pour faire bonne mesure, sacrifié le droit de grève, annulé les 35 heures, et, comme oral de rattrapage, la semaine suivante il veut supprimer les régimes spéciaux, dont, je m’empresse de le dire, le régime minier, et ça veut dire quelque chose dans le Nord et le Pas-de-Calais. (applaudissements)
Monsieur Sarkozy, futur candidat à la présidence de la République n’est pas un républicain laïc, c’est un communautariste et j’ai encore dans l’oreille sa phrase fameuse : " Je nomme ce monsieur préfet car il est musulman ". Il faut nommer des préfets non pas parce qu’ils sont musulmans, catholiques, protestants, que sais-je encore... mais parce qu’ils ont la compétence, au nom de l’Etat, d’exercer leurs fonctions. (applaudissements)
Monsieur Sarkozy n’est pas un Européen convaincu comme nous tous, qui défend les intérêts de la France, il est avant tout un pro américaniste, il est un zélateur de Bush. Nous n’avons pas besoin à la tête de l’Etat de quelqu’un qui se fixe comme programme d’être le futur caniche du président des Etats-Unis. (applaudissements)
Chers camarades,
La devise de la République française, c’est liberté, égalité, fraternité. Et bien moi, je me battrai de toutes mes forces, je dis bien de toutes mes forces, pour que n’accède pas à cette plus haute charge, quelqu’un dont, en fait, la vision des choses est "marche ou crève". Il n’en est pas question. (applaudissements)
Mais à partir de cela, se pose un problème politique. M. Sarkozy prend cette position non seulement parce qu’elle est profondément la sienne, mais parce qu’il veut draguer l’extrême droite dont il ne faut pas minimiser aujourd’hui et demain l’influence. (applaudissements)
Et je crois comprendre que dans le débat implicite, respectueux des femmes et des hommes, qui s’établit chez nous, il y a deux positions possibles sur l’attitude que nous devons prendre. Ou bien, on dit de toute manière la gauche sera obligée de voter pour le candidat socialiste. Alors n’en faisons pas trop, essayons au contraire d’aller braconner sur d’autres terres pour faire des additions.
Telle n’est pas, mes camarades, ma position et ma proposition de stratégie. La gauche ne peut gagner que rassemblée. Le rassemblement ne peut s’opérer que sur des positions authentiquement de gauche. Il faut au premier tour que tout se fasse pour que le rassemblement de la gauche s’opère autour du candidat socialiste et ensuite au deuxième tour viendra le reste. C’est la seule stratégie gagnante pour battre la droite en 2007. (applaudissements)
Chers camarades,
J’ai l’intention d’être candidat à l’investiture. Je m’y suis préparé. Je me sens, comme d’autres, en capacité de l’être et je le souhaite. Ce sera aux militants de trancher. Mais je peux d’ores et déjà dire, faisant écho aux propos qui ont été tenus, que le futur président aura au moins quatre immenses défis à relever.
Le premier, c’est le défi du quotidien, le défi du pouvoir d’achat, le défi du logement, le défi de la santé. Bref qu’on puisse dire, et mon projet le voici, c’est le notre, le nôtre à tous. Qu’on puisse dire si je vote socialiste, voilà ce que cela changera dans ma vie quotidienne. C’est pourquoi parmi d’autres, avec d’autres, j’ai fait la proposition d’un SMIC à 1500 €, d’abord récusée ensuite acceptée par tous, je m’en félicite. Mais je pense qu’il faut être plus précis. Le SMIC aujourd’hui en brut est à 1254 €. Je pense que parmi les propositions emblématiques que nous devrons porter dans cette campagne tous ensembles, il y a une augmentation immédiate du SMIC que j’ai proposé, pour ma part, de chiffrer à 100 euros.
On me dit, " ce n’est pas le problème ". Je ne dis pas que le seul problème concerne les smicards, même s’il y a près de 20 % de la population qui est au SMIC et davantage encore chez les femmes. Mais on ne peut pas éluder les choses d’un coup. Il y a de la misère dans le pays, et d’abord dans cette région et dans beaucoup d’autres, et dans la mienne aussi, et partout en France. Et la gauche venant au pouvoir ne serait pas capable de proposer une augmentation de 100 euros ? Je dis que si on est de gauche, et compte tenu des expériences que nous avons faites les uns les autres au pouvoir, la première traduction de la gauche revenant aux responsabilités doit être une augmentation des salaires et d’abord des petits salaires. (applaudissements)
Il y a eu un débat sur la carte scolaire. Mes camarades, je le dis clairement, tout en respectant chacune et chacun, mon idéal n’est certainement pas la suppression de la carte scolaire. Pourquoi ? Parce que si on la supprime... L’aménager oui, mais encore faut il voir les conséquences. Admettez qu’il y ait le choix entre beaucoup d’établissements, on sait bien qui se portera dans les établissements huppés. Une certaine catégorie de la population ou les enfants qui auront des notes formidables. Mais les autres, ce que nous voulons aussi protéger, ils resteront dans des établissements désertés par tous.
On sait d’ores et déjà quels sont les établissements qui ont besoin de moyens, c’est à ces établissements qu’il faut donner des moyens en subordonnant l’attribution des moyens aux origines sociales. En incluant effectivement l’enseignement privé, qui doit prendre sa part de la mixité sociale. En faisant en sorte que les jeunes qui se destinent au professorat puissent déjà avoir un salaire, pour qu’ils ne soient pas empêchés d’accéder à ce superbe métier parce qu’ils n’ont pas les possibilités de faire des études. En développant, Daniel [Percheron] a eu raison de le faire, l’enseignement supérieur. Mais non pas en supprimant l’outil fort de la mixité sociale qui s’appelle la carte scolaire. Je ne serai jamais sur cette position là. (applaudissements)
Il faut d’abord que notre candidat soit le candidat du pouvoir d’achat. Il faut qu’il soit aussi le candidat de l’excellence environnementale. Ceux qui ne connaissent pas la région disent " tu vas dans le Pas-de-Calais, ne parle pas trop d’environnement ". Evidemment, qu’ il faut en parler. Evidemment, qu’on sait bien que le XXIe siècle ou bien sera écologique ou bien n’existera même plus car nous aurons détruit la terre, d’où la nécessité, dans la ligne de notre projet, d’un programme précis prévoyant les énergies renouvelables, les économies d’énergie, plus de transport collectif et non pas la suppression par l’Etat des moyens des transports collectifs.
C’est le débat Gaz de France. Au-delà des arguments excellents qui ont été donnés, parce que la privatisation de gaz de France ce serait évidemment l’augmentation des tarifs, tout le monde peut le comprendre, je n’admets pas un instant et je trouve ça stupide et à vrai dire presque criminel, qu’alors que tous les pays du monde savent bien que la crise énergétique implique de reprendre en main les capacités énergétiques, la France avec un gouvernement
de droite serait la seule qui donnerait GDF confié aux pouvoirs privés, cela n’a pas de sens. Nous devons garder la maîtrise de notre énergie. Oui, je suis pour la renationalisation de GDF et aussi pour la reconquête à cent pour cent d’EDF. (applaudissements)
Il faut, troisième tâche du futur président de la République, introduire la démocratie partout, on l’a fort bien dit, les uns et les autres. Et en particulier, Dominique, en répondant aux questions que tu as légitimement posées. Nous sommes à fond pour la décentralisation, mais la décentralisation ne veut pas dire la suppression du rôle de l’Etat ou des services publics. Quelle est la péréquation financière si l’Etat disparaît.Je crois, Dominique [Dupilet] que c’est 68 millions d’euros que le gouvernement, et non pas l’Etat, te doit dans une grande partie pour les RMI. Il faut une décentralisation mais il faut une péréquation financière parce que sinon les plus riches seront les plus riches, alors bravo pour la région parisienne et la région Rhône-Alpes, mais que deviendra le Nord-Pas-de-Calais ou la Normandie ? Il faut que l’Etat soit présent et en même temps que la décentralisation existe. (applaudissements)
Le quatrième enjeu, mes camarades, c’est qu’il faut relancer l’Europe et réorienter l’Europe. On a dit dépasser le oui et le non. Sans doute. Vous savez la position que j’ai prise et que j’assume. Mais en même temps, il faut tenir compte du vote des Français qui ont compris ce qu’ils faisaient même si les motivations étaient multiples. On a parlé tout à l’heure de Stora. Il y a des mesures à prendre en France mais il y a aussi des mesures à prendre en Europe et dans le monde. Parce que tout le monde comprend que si on continue, vis-à-vis des pays en développement, à ne jamais poser la question sociale, à ne jamais poser la question environnementale, à ne jamais poser la question monétaire, non seulement on détruit notre industrie mais on laisse leurs travailleurs dans la situation de misère où ils sont.
Et c’est la même chose au niveau européen. Il faut davantage aider les pays de la périphérie, il faut en faire plus pour les pays de l’Est mais il faut en même temps que l’Europe soit capable d’avoir une vraie politique industrielle, une vraie politique scientifique, une vraie politique éducative. Qu’elle sache, le cas échéant, se protéger par rapport aux exportations illicites. Bref, il faut une Europe relancée, réorientée. C’est ainsi, aussi, qu’on développera l’emploi, sans nationalisme évidemment, en France, et on a besoin aussi d’industrie, et on a besoin d’aller plus loin dans le refus et le rejet des délocalisations et dans la création d’emplois. (applaudissements)
Je termine en disant un mot, peut-être plus personnel, des sondages. Mais ce " personnel " nous concerne tous. Une chose est certaine, c’est qu’autant les sondages ont une valeur à un instant donné, autant ils n’en ont aucune s’agissant de la prédiction. Il faut que ce soit par la réflexion, par l’intelligence, par la discussion, par le débat maîtrisé, amical, que petit à petit, vous les militants et les militantes, vous vous forgiez vos convictions, et qu’ensuite cette conviction élargie, relayée devienne celle de la gauche puis du peuple de France. Si l’on écoutait les sondages, d’abord les résultats des élections précédentes auraient été différents parfois en notre faveur, et aujourd’hui à quoi serviraient les débats. Oui, mais voila, la réflexion ça existe, le débat ça existe, l’engagement ça existe. J’ai à l’esprit cette phrase de Jaurès dans son extraordinaire discours à la jeunesse, vous savez, le discours sur l’idéal et le réel : " le courage c’est de se donner aux grandes causes, sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni même s’il lui réserve une récompense ".
Je ne sais pas quelle sera la récompense, et je ne sais pas pour qui, mais je sais que la gauche et la France sont deux causes superbes et que cela vaut qu’on y consacre toute sa vie. (applaudissements) Voir la vidéo sur http://www.laurent-fabius.net/article657.htlm
Par fmds21 - Publié dans : Présidentielles 2007 - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 17 septembre 2006 7 17 /09 /Sep /2006 15:31

3. SI TU NE VEUX PAS DE SARKO, Y'A QUE SEGO…

 

Ségolène Royal, une candidate de gauche ? par Guylain Chevrier Gauche Républicaine, Laïque et Sociale.

 

" Si je suis en situation, nous irons jusqu'au bout de la décentralisation (..) je transfèrerai la totalité des aides économiques directes aux régions", a souligné la candidate socialiste que les médias ne cessent de nous présenter comme la " préférée des Français ", lors d'une conférence de presse le week-end dernier. Qu’est-ce à dire ?

 

Au nom de la proximité, en finir avec l’unité de la République laïque et sociale

 

"Un euro dépensé en proximité est un euro mieux dépensé", affirme-t-elle, voulant par cet argument nous faire oublier que la décentralisation contribue chaque jour un peu plus à une inégalité de traitement des individus devant la loi contrairement aux grands principes retenus par notre République laïque. En réalité, cette avantage de la proximité est une gageure, c’est le même argument que la droite avance pour imposer une politique de proximité des services qui se traduit dès aujourd’hui par exemple, dans le secteur de l’aide à la personne dépendante, par une politique d’encouragement à la création d’entreprises " sociale " qui font des dividendes avec la santé de ces personnes, ceci tout en créant des emplois essentiellement à temps partiel, une nouvelle population de travailleurs pauvres, sous-payés et précarisés. Une démarche qui justifie le recul du rôle des services publics tout azimut par une privatisation de ces services.

 

On connaît dans les secteurs des missions décentralisées de l’action sociale et de la protection de l’enfance, comment aujourd’hui pas un département ne met les mêmes moyens pour répondre aux besoins, inégalités d’un département à l’autre, que le défenseur des enfants a assez dénoncé. Au niveau des régions, ce n’est pas mieux, en termes de dotation par exemple, en direction des établissements scolaires qui relèvent de leur compétence.

 

Le problème de la décentralisation est à tous les niveaux le même, et se traduit par une perte de garantie du traitement égal des individus devant la loi, définition même des services publics. On sait ce que le dernier volet de la décentralisation de Raffarin a donné comme nouveaux pouvoirs aux Régions, avec la possibilité d’expérimentation législative, autrement dit de ne pas respecter les décisions du parlement. Une décentralisation qui a eu pour conséquence, de renforcer encore le pouvoir des Régions au point d’en inscrire le principe dans notre Constitution qui parle de " République décentralisée " au lieu de garantir son unité, c’est-à-dire qui met directement en cause l’exercice de la souveraineté de son peuple, le fait d’avoir sur un même territoire national les mêmes droits et les mêmes exigences, une même laïcité.

 

Le retour du TCE et la fin de l’Etat-nation

 

La Présidente de la Région Poitou-Charentes, dit vouloir "aller jusqu'au bout de la régionalisation de la politique économique de l'investissement et des aides industrielles", et préconise " des coopérations inter-régions nationales et inter-régions européennes " comme cela se passe " pour les pôles de compétitivité." C’est bien le retour du Traité constitutionnel Européen, rejeté par les Français, le peuple, que Ségolène a traité avec bien du mépris, qu’il faut voir derrière ce discours. Car cette volonté de faire jouer un rôle central à la région en effaçant l’échelon de la nation dans ce jeu, coïncide directement avec la logique du rapport Métropoles-Régions-Europe voulu par Bruxelles. L’Europe fonctionne ici comme une superstructure de la mondialisation.

 

L’effacement de la nation, on le sait, ce cadre dans lequel les peuples on conquis leurs acquis, où ils savent se défendre, est l’un des objectifs clés de la mondialisation qui entend instaurer entre le travailleur et le marché un rapport direct, et veut donc en exclure l’échelon. Cela signifie que demain, si l’on suit la démarche de Madame Royal, chaque région pourra jouer de la concurrence sur tous les plans en matière d’investissement industriel et d’emploi, en justifiant une dérégulation de l’économie nationale à la faveur de la concurrence économique entre régions avec un code du travail qui vole en éclat. Une politique en réalité directement dictée par les principes ultra-libéraux de l’Europe des banques et de la bourse. N’est-ce pas Madame Parisot, la patronne des patrons, qui déclarait récemment à l’université d’été du MEDEF, que la réponse à la question de l’augmentation du pouvoir d’achat ne tenait que dans un mot : " compétitivité " Il s’agit ici en creux, de l’effort demandé aux travailleurs pour entrer dans les critères de la compétitivité européenne et du marché mondial, en sacrifiant bien des droits sur l’hôtel des actionnaires et des grands patrons qui eux, ne mettent jamais " la main à la poche "

 

Selon Ségolène Royal, " on peut très bien travailler à dimension régionale en faisant émerger des champions européens", a-t-elle affirmé, en regrettant que les "potentialités sur le territoire soient aujourd'hui stoppées, bureaucratisées, ralenties". Des arguments auxquels la droite a régulièrement recours, qui visent, à travers la critique d’une bureaucratie qui ralentirait les choses, l’Etat, pourtant seul garant à minima de l’intérêt général dans la situation actuelle. Un Etat dont la fonction de régulation des grands équilibres se dissoudrait en intérêts concurrents si les régions en venait à prendre le pouvoir sur la nation et la République. On sait que cette décentralisation poussée encore plus loin de Madame Royal, qui n’a rien critiqué dans ses propos de celle de Raffarin, qui avait comme but entre autres, la dérégulation des services publics par leur éclatement régional, pourrait donc aller encore plus loin dans ce sens. On a tout à craindre ici que l’on prépare la transmutation des services publics en " Services d’Intérêt Général ", c’est-à-dire de confier des services d’intérêt général à des entreprises privées sous critères de rentabilité, dans le cadre des directives de l’Union Européenne. En fait, ce discours est directement dicté par la politique Fédérale européenne qu’épouse Ségolène Royal, qui a depuis longtemps travaillée sur ces enjeux et que le rejet du TCE a mis en recul, qu’ici on voudrait faire revenir dans l’actualité par de nouveaux pouvoirs à la région.

 

L’entreprise est au cœur de ses projets, mais comment ? Elle a réaffirmé son programme économique et social visant notamment à "réconcilier les Français avec les entreprises". Elle souhaite établir un "ordre économique juste", améliorer la qualité des relations sociales, secteur dans lequel la France "est très, très en retard" ce qui signifie en clair, clin d’œil de plus au patronat français, qu’elle fera tout pour fabriquer en France un syndicalisme de compromis pour ne pas dire de compromission à l’image des syndicats qui dans d’autres pays européens servent le plus souvent de courroie de transmission aux exigences du grand patronat. Une politique qui élude le rôle de l’Etat comme Etat social dans les négociations salariales et renvoie tout aux relations entre " salariés " et " employeurs ". Voilà ce que Ségolène de façon droitière voudrait aussi voir évoluer, mais malheureusement dans le mauvais sens, celui de compromis toujours au désavantage des droits du travail. Tout fait cohérence dans ce déballage qui ne présage rien de bon pour les travailleurs et de façon générale pour les familles les plus modestes.

 

Le cœur de Ségolène bat-il vraiment à gauche ?

 

Elle a aussi estimé qu'il fallait "réconcilier universités et écoles avec les entreprises dès le plus jeune âge". "Il faut "apprendre très tôt la réalité de l'entreprise aux jeunes", a-t-elle dit. Par ailleurs, suite aux propos de François Fillon plaidant pour une réforme des régimes spéciaux des retraites, dès la victoire aux prochaines élections de son candidat, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal candidate plus que probable à l'investiture socialiste pour 2007, a estimé qu'il faudra conduire "un chantier d'harmonisation" dans les systèmes de retraite. Madame Royal a dit reconnaître que la gauche, si elle gagne en 2007, aura le problème des retraites "à régler" (sic !) Une continuité en somme dans la politique de la gauche qui en la matière, avait aussi préparée, du temps de Jospin aux affaires, le terrain aux reculs que la droite a su mettre en œuvre depuis.

 

Des éléments qui révèlent en fait, un programme de Madame Royal dont les mots ne sont pas bien éloignés de ceux d’une droite dont on soulignait récemment dans le journal Le Monde ( " Ils hésitent entre Sarko et Ségo "12.09.2006 ) que certains de ses électeurs pourraient choisir de voter Ségolène, tant les repères sont brouillés pour savoir dans tout ceci ce qui peut bien avoir affaire avec la gauche ?

 

Guylain Chevrier Docteur en histoire

 

 

Par fmds21 - Publié dans : Présidentielles 2007 - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 17 septembre 2006 7 17 /09 /Sep /2006 14:06

Forces Militantes pour la Démocratie et le Socialisme

 

Document d’orientation adopté par la coordination nationale le 12 Juillet 2006

 

CE QUE NOUS SOMMES

 

Depuis le Congrès de Dijon et la constitution de " Forces Militantes " associée depuis à " Démocratie et Socialisme ", nous n’avons cessé, en tirant pleinement les leçons du 21 avril 2002 :

 

     

  • d’affirmer qu’il fallait engager un travail en profondeur pour définir, avec d’autres, le cadre d’une transformation sociale radicale, et que ce travail pouvait et devait se faire à l’intérieur du PS et dans toute la Gauche,

     

  •  

  • d’être fidèles aux engagements que nous avons pris devant les militants; cela s’est fait en particulier à l’occasion de la campagne pour le non au traité constitutionnel, à laquelle nous avons pris toute notre part comme représentants du " Non Socialiste " ; de même, nous avons voté contre la synthèse au Mans, persuadés que cette synthèse molle ne répondait pas aux attentes du peuple de gauche. De la même façon et pour les mêmes raisons, nous nous sommes prononcés contre le " projet " du PS intitulé " Réussir ensemble le changement "

     

     

  • de faire des propositions à l’intérieur et à l’extérieur du parti pour définir les axes de cette transformation, comme en témoigne notre projet alternatif " Pour une VIe République Sociale "

     

 

Aujourd’hui, forts des encouragements multiples que nous avons reçus à l’occasion de la diffusion et de la défense de ce projet alternatif ou de nos participations aux mouvements sociaux récents, en particulier de la lutte contre le CPE, nous sommes prêts à œuvrer activement non seulement pour que la Gauche l’emporte en 2007, mais qu’elle porte durablement l’espoir de ceux qui souffrent et de ceux qui veulent changer le monde.

 

UN PROJET DU P.S. LARGEMENT INSUFFISANT

 

La Convention Nationale du PS sur le " projet " qui s’est tenue samedi 1er juillet a adopté le texte " Réussir ensemble le changement ". Sans enthousiasme, ni mobilisation particulière, et sans qu’aucun amendement conséquent n’en ait amélioré le contenu, le " projet " a été adopté. Chacun aura pu noter une faible participation au vote, y compris chez les " nouveaux adhérents du projet ", ainsi qu’une part non négligeable de votes contre et d’abstentions. Compte tenu du calendrier imposé, le projet n’a pu être ni lu ni discuté sérieusement. Notre projet alternatif " Pour une VIe République sociale " n’a pas été porté à la connaissance des militants et tous nos amendements, parce que jugés incompatibles avec la synthèse du Mans, ont été rejetés par le Bureau National, et par la Commission des Résolutions !

Comment peut-on proposer au peuple de gauche qui n’a cessé de manifester ses attentes et ses aspirations dans la rue de 2003 à 2006, et dans les urnes de 2004 à 2005 un " projet " aussi modéré ? Il fallait un projet infiniment plus hardi en 2007 qu’en 1997 et en 2002 pour répondre aux urgences sociales, aux dénis de justice, aux inégalités profondes, aux exigences populaires. A la Convention Nationale, il y a même eu une " explication " sur le financement du dit " projet " et le " coût " censé correspondre à celui-ci en… 5 ans. Ce " financement " projeté démontrait combien il n’y aurait pas de changement sauf à la marge… Là, c’était encore plus nettement sans nuance, une adaptation très à la marge du capitalisme, financé par " la croissance ", sans même qu’il soit question de reprendre au capital les immenses profits qu’il a effectué ces dernières années…  . Or ce "  projet " non seulement n’envisage pas de réelle redistribution, mais se défend déjà de n’avoir pas les marges de manœuvre suffisantes, accuse la droite de nous laisser des caisses vides et de nous empêcher par avance d’agir…

Le fait même de chiffrer un " projet " et non un programme pour solliciter un brevet de bonne gestion revient à céder par avance aux pressions idéologiques de la droite et du patronat.

 

C’est pour toutes ces raisons que nous avons appelé à voter contre ce texte.

Mais rien n’est achevé : ce " projet " va se heurter aux attentes des salariés, de la gauche toute entière et de nos électeurs. Il abandonne de fait la retraite à 60 ans ; il ne propose pas de loi pour rapprocher la durée du travail des 35 heures légales, ni de contrôle sur les licenciements boursiers et abusifs, ni de vraies mesures contre la précarité;il se limite de fait à une hausse modeste du SMIC (en brut et même pas à euros constants) " le plus vite possible " ; il ne renonce pas à ce présidentialisme qui pourrit la vie politique, et il n’apporte aucune garantie sur la réécriture générale du projet de constitution européenne,et notamment celle du Titre 1. Sous la pression sociale, Il y aura forcément discussion, confrontation, et aucun candidat ne pourra se présenter sans clarifier toutes les zones d’ombre, sans percuter ce " projet " De plus, on y cherche vainement les mesures structurelles permettant de rompre avec les logiques dominantes du capitalisme financier et notamment par un contrôle public sur les secteurs clés de l’économie.

: ce " projet " va se heurter aux attentes des salariés, de la gauche toute entière et de nos électeurs. Il abandonne de fait la retraite à 60 ans ; il ne propose pas de loi pour rapprocher la durée du travail des 35 heures légales, ni de contrôle sur les licenciements boursiers et abusifs, ni de vraies mesures contre la précarité;il se limite de fait à une hausse modeste du SMIC (en brut et même pas à euros constants) " le plus vite possible " ; il ne renonce pas à ce présidentialisme qui pourrit la vie politique, et il n’apporte aucune garantie sur la réécriture générale du projet de constitution européenne,et notamment celle du Titre 1. Sous la pression sociale, Il y aura forcément discussion, confrontation, et aucun candidat ne pourra se présenter sans clarifier toutes les zones d’ombre, sans percuter ce " projet " De plus, on y cherche vainement les mesures structurelles permettant de rompre avec les logiques dominantes du capitalisme financier et notamment par un contrôle public sur les secteurs clés de l’économie.

Le vrai projet socialiste est devant nous !

 

FACE A UNE SITUATION DRAMATIQUE, UNE GAUCHE DESEMPAREE

La situation du pays se dégrade de manière dramatique : La droite continue d’empiler des mesures scandaleuses que ce soit vis-à-vis des cadeaux faits aux riches et aux entreprises, de l’immigration, de la prévention de la délinquance, de la liquidation du service public. Les banderoles des manifestations à peine repliées, de nouveaux scandales se développent au sommet de l’Etat, menaçant le président de la République lui même. La crise du régime s’approfondit, à tel point que, même à droite, certains disent clairement qu’il n’est plus possible que ce gouvernement dure jusqu’en avril 2007 et que les institutions de la Vème République ne permettent plus de résister au mouvement social, ni d’endiguer la crise du régime. Il faut que des voix s’élèvent pour dire haut et fort ce que chacun pense à gauche : Il faut changer de société et ne pas se contenter de changer la société, surtout à la marge.

 

Lors de la rencontre nationale que nous avions organisée le 29 avril 2006 pour présenter et débattre de notre projet alternatif, lors d’un débat auquel participaient plusieurs représentants de la Gauche (Les Verts, PCF, Collectifs du 29 mai, UFAL) , ainsi qu’Arnaud Montebourg, Henri Weber, Jacques Généreux pour la gauche du Parti , la plupart des participants ont constaté l’ampleur de nos points de convergence, à quelques formulations près, en s’interrogeant : pourquoi, alors que la gauche antilibérale est majoritaire au sein de la gauche, pourquoi ne parvient-elle pas à s’unir et à faire le nécessaire pour imposer programme et candidats qui correspondent à nos attentes communes sur le fond… Cette question reste entière aujourd’hui et le fait de ne pas y répondre suscite de plus en plus d’inquiétude chez les militants, nouveaux ou anciens adhérents, et chez nos sympathisants. Au sein de notre parti, la gauche du parti s’est divisée après la synthèse du Mans, même si le souhait d’unité reste très fort à la base. Et ce n’est pas forcément la multiplicité des candidatures à la présidentielle qui va redonner le moral aux militants !

Hélas, le reste de la Gauche subit les conséquences de la présidentialisation de la vie politique : Chacun privilégie une candidature qu’il estime être une condition de survie de sa formation politique. L’élan spontané et ouvert qui avait présidé à la constitution des collectifs unitaires pour le Non au référendum ne parvient pas à trouver un débouché politique. Même la recherche d’une " candidature unitaire anti- libérale à la gauche du PS " ne repose sur aucun élan politique réel et se perd dans les contradictions sur les attitudes à avoir par rapport à la principale force d’opposition de gauche, à savoir le PS.

 

NOTRE APPEL

 

Aussi, nous lançons cet appel tant aux militants du PS qu’à tous ceux, à gauche, qui ne se résignent pas à la division, aux politiques dictées par les sondages et aux projets tièdes et ambigus de réformes à la marge : C’est pourquoi, pour la présidentielle, nous appelons à soutenir le candidat ayant le mieux tiré les leçons du 21 avril 2002, le plus à même de réunir toute la Gauche et de créer par là un vrai mouvement de transformation sociale, à savoir Laurent Fabius. Il réunit ainsi toutes les conditions pour l’emporter.

Quels que soient nos différends politiques, nous faisons le constat suivant :

Nous nous sommes retrouvés sur la même ligne lors de la campagne pour le Non au référendum sur le traité constitutionnel

L’ensemble des déclarations qu’il a faites à l’occasion du travail sur le projet met l’accent sur l’ampleur des changements à opérer et affirme une ligne politique socialiste, laïque et républicaine, s’opposant au blairisme qui permet de rassembler aisément toute la Gauche et de répondre aux attentes qui s’expriment au sein du peuple de gauche.

Nous pensons que, plus il aura de soutiens à gauche, plus ses prochaines propositions programmatiques seront susceptibles de répondre à nos attentes. Cela ne nous empêche pas de rester nous-mêmes et de nourrir à partir de nos positions le débat politique chaque fois qu’il le faudra. Nous pensons qu’il est important de participer activement et le plus tôt possible à la campagne interne qui s’annonce.

 

Nous réitérons aussi avec force la position affirmée dans notre projet : Privilégier la discussion sur le fond avec les autres forces de gauche qui acceptent de gouverner ensemble plutôt que les postures médiatiques et personnelles. Pour cette discussion, tous les apports seront bienvenus. Pour que cette discussion soit fructueuse, il faut qu’elle porte tout à la fois sur :

 

       

    • Les mesures d’urgence sociale et la réduction des inégalités
    •  

       

    • La redistribution des richesses
    •  

       

    • La défense et le développement des services publics
    •  

       

    • La refondation de notre République
    •  

       

    • Un projet européen clair et ambitieux pour ses citoyens
    •  

       

    • La lutte contre le capitalisme financier
    •  

       

    • Le sauvetage de la planète
    •  


 On devrait déboucher non seulement sur un accord de gouvernement, mais, sous une forme ou sous une autre, sur une vision commune de la société nouvelle à construire et sur les moyens d’y parvenir.

Sur tous ces points, il s’agit non seulement d’être clairs pour faire en sorte que ce programme et que cette vision parlent à tous, en particulier à tous les salariés, mais aussi il ne faut pas hésiter à se montrer audacieux et novateur, pour bien montrer la capacité d’entraînement et de vraie rupture de la Gauche.

 

Dans cet esprit, les élections de 2007 doivent ouvrir une alternative politique ; elles doivent constituer le point d’appui d’un mouvement social important, en France et en Europe, qui participera à la construction d’une société nouvelle.

 

Pour concrétiser ces orientations, Forces militantes pour la démocratie & le socialisme tiendra son Université de rentrée à Cuincy, près de Douai (Nord)

les 29, 30 septembre et 1er octobre 2006.

 

Cette université sera centrée sur la définition collective des modes de rupture avec le libéralisme ambiant et la construction d’une vraie alternative en France, en Europe et dans le Monde

 

Par fmds21 - Publié dans : Identification - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
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