SOCIETE
Le chemin vers une société du progrès humain passe par la sortie du capitalisme et de l'économie de marché. Jacques
Généreux
( LE SOCIALISME NEOMODERNE ou l'avenir de la liberté)
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Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde ; il s'agit maintenant de le transformer. (Karl Marx)
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Le chemin vers une société du progrès humain passe par la sortie du capitalisme et de l'économie de marché. Jacques
Généreux
( LE SOCIALISME NEOMODERNE ou l'avenir de la liberté)
3. SI TU NE VEUX PAS DE SARKO, Y'A QUE SEGO…
Ségolène Royal, une candidate de gauche ? par Guylain Chevrier Gauche Républicaine, Laïque et Sociale.
" Si je suis en situation, nous irons jusqu'au bout de la décentralisation (..) je transfèrerai la totalité des aides économiques directes aux régions", a souligné la candidate socialiste que les médias ne cessent de nous présenter comme la " préférée des Français ", lors d'une conférence de presse le week-end dernier. Qu’est-ce à dire ?
Au nom de la proximité, en finir avec l’unité de la République laïque et sociale
"Un euro dépensé en proximité est un euro mieux dépensé", affirme-t-elle, voulant par cet argument nous faire oublier que la décentralisation contribue chaque jour un peu plus à une inégalité de traitement des individus devant la loi contrairement aux grands principes retenus par notre République laïque. En réalité, cette avantage de la proximité est une gageure, c’est le même argument que la droite avance pour imposer une politique de proximité des services qui se traduit dès aujourd’hui par exemple, dans le secteur de l’aide à la personne dépendante, par une politique d’encouragement à la création d’entreprises " sociale " qui font des dividendes avec la santé de ces personnes, ceci tout en créant des emplois essentiellement à temps partiel, une nouvelle population de travailleurs pauvres, sous-payés et précarisés. Une démarche qui justifie le recul du rôle des services publics tout azimut par une privatisation de ces services.
On connaît dans les secteurs des missions décentralisées de l’action sociale et de la protection de l’enfance, comment aujourd’hui pas un département ne met les mêmes moyens pour répondre aux besoins, inégalités d’un département à l’autre, que le défenseur des enfants a assez dénoncé. Au niveau des régions, ce n’est pas mieux, en termes de dotation par exemple, en direction des établissements scolaires qui relèvent de leur compétence.
Le problème de la décentralisation est à tous les niveaux le même, et se traduit par une perte de garantie du traitement égal des individus devant la loi, définition même des services publics. On sait ce que le dernier volet de la décentralisation de Raffarin a donné comme nouveaux pouvoirs aux Régions, avec la possibilité d’expérimentation législative, autrement dit de ne pas respecter les décisions du parlement. Une décentralisation qui a eu pour conséquence, de renforcer encore le pouvoir des Régions au point d’en inscrire le principe dans notre Constitution qui parle de " République décentralisée " au lieu de garantir son unité, c’est-à-dire qui met directement en cause l’exercice de la souveraineté de son peuple, le fait d’avoir sur un même territoire national les mêmes droits et les mêmes exigences, une même laïcité.
Le retour du TCE et la fin de l’Etat-nation
La Présidente de la Région Poitou-Charentes, dit vouloir "aller jusqu'au bout de la régionalisation de la politique économique de l'investissement et des aides industrielles", et préconise " des coopérations inter-régions nationales et inter-régions européennes " comme cela se passe " pour les pôles de compétitivité." C’est bien le retour du Traité constitutionnel Européen, rejeté par les Français, le peuple, que Ségolène a traité avec bien du mépris, qu’il faut voir derrière ce discours. Car cette volonté de faire jouer un rôle central à la région en effaçant l’échelon de la nation dans ce jeu, coïncide directement avec la logique du rapport Métropoles-Régions-Europe voulu par Bruxelles. L’Europe fonctionne ici comme une superstructure de la mondialisation.
L’effacement de la nation, on le sait, ce cadre dans lequel les peuples on conquis leurs acquis, où ils savent se défendre, est l’un des objectifs clés de la mondialisation qui entend instaurer entre le travailleur et le marché un rapport direct, et veut donc en exclure l’échelon. Cela signifie que demain, si l’on suit la démarche de Madame Royal, chaque région pourra jouer de la concurrence sur tous les plans en matière d’investissement industriel et d’emploi, en justifiant une dérégulation de l’économie nationale à la faveur de la concurrence économique entre régions avec un code du travail qui vole en éclat. Une politique en réalité directement dictée par les principes ultra-libéraux de l’Europe des banques et de la bourse. N’est-ce pas Madame Parisot, la patronne des patrons, qui déclarait récemment à l’université d’été du MEDEF, que la réponse à la question de l’augmentation du pouvoir d’achat ne tenait que dans un mot : " compétitivité " Il s’agit ici en creux, de l’effort demandé aux travailleurs pour entrer dans les critères de la compétitivité européenne et du marché mondial, en sacrifiant bien des droits sur l’hôtel des actionnaires et des grands patrons qui eux, ne mettent jamais " la main à la poche "
Selon Ségolène Royal, " on peut très bien travailler à dimension régionale en faisant émerger des champions européens", a-t-elle affirmé, en regrettant que les "potentialités sur le territoire soient aujourd'hui stoppées, bureaucratisées, ralenties". Des arguments auxquels la droite a régulièrement recours, qui visent, à travers la critique d’une bureaucratie qui ralentirait les choses, l’Etat, pourtant seul garant à minima de l’intérêt général dans la situation actuelle. Un Etat dont la fonction de régulation des grands équilibres se dissoudrait en intérêts concurrents si les régions en venait à prendre le pouvoir sur la nation et la République. On sait que cette décentralisation poussée encore plus loin de Madame Royal, qui n’a rien critiqué dans ses propos de celle de Raffarin, qui avait comme but entre autres, la dérégulation des services publics par leur éclatement régional, pourrait donc aller encore plus loin dans ce sens. On a tout à craindre ici que l’on prépare la transmutation des services publics en " Services d’Intérêt Général ", c’est-à-dire de confier des services d’intérêt général à des entreprises privées sous critères de rentabilité, dans le cadre des directives de l’Union Européenne. En fait, ce discours est directement dicté par la politique Fédérale européenne qu’épouse Ségolène Royal, qui a depuis longtemps travaillée sur ces enjeux et que le rejet du TCE a mis en recul, qu’ici on voudrait faire revenir dans l’actualité par de nouveaux pouvoirs à la région.
L’entreprise est au cœur de ses projets, mais comment ? Elle a réaffirmé son programme économique et social visant notamment à "réconcilier les Français avec les entreprises". Elle souhaite établir un "ordre économique juste", améliorer la qualité des relations sociales, secteur dans lequel la France "est très, très en retard" ce qui signifie en clair, clin d’œil de plus au patronat français, qu’elle fera tout pour fabriquer en France un syndicalisme de compromis pour ne pas dire de compromission à l’image des syndicats qui dans d’autres pays européens servent le plus souvent de courroie de transmission aux exigences du grand patronat. Une politique qui élude le rôle de l’Etat comme Etat social dans les négociations salariales et renvoie tout aux relations entre " salariés " et " employeurs ". Voilà ce que Ségolène de façon droitière voudrait aussi voir évoluer, mais malheureusement dans le mauvais sens, celui de compromis toujours au désavantage des droits du travail. Tout fait cohérence dans ce déballage qui ne présage rien de bon pour les travailleurs et de façon générale pour les familles les plus modestes.
Le cœur de Ségolène bat-il vraiment à gauche ?
Elle a aussi estimé qu'il fallait "réconcilier universités et écoles avec les entreprises dès le plus jeune âge". "Il faut "apprendre très tôt la réalité de l'entreprise aux jeunes", a-t-elle dit. Par ailleurs, suite aux propos de François Fillon plaidant pour une réforme des régimes spéciaux des retraites, dès la victoire aux prochaines élections de son candidat, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal candidate plus que probable à l'investiture socialiste pour 2007, a estimé qu'il faudra conduire "un chantier d'harmonisation" dans les systèmes de retraite. Madame Royal a dit reconnaître que la gauche, si elle gagne en 2007, aura le problème des retraites "à régler" (sic !) Une continuité en somme dans la politique de la gauche qui en la matière, avait aussi préparée, du temps de Jospin aux affaires, le terrain aux reculs que la droite a su mettre en œuvre depuis.
Des éléments qui révèlent en fait, un programme de Madame Royal dont les mots ne sont pas bien éloignés de ceux d’une droite dont on soulignait récemment dans le journal Le Monde ( " Ils hésitent entre Sarko et Ségo "12.09.2006 ) que certains de ses électeurs pourraient choisir de voter Ségolène, tant les repères sont brouillés pour savoir dans tout ceci ce qui peut bien avoir affaire avec la gauche ?
Guylain Chevrier Docteur en histoire
Forces Militantes pour la Démocratie et le Socialisme
Document d’orientation adopté par la coordination nationale le 12 Juillet 2006
CE QUE NOUS SOMMES
Depuis le Congrès de Dijon et la constitution de " Forces Militantes " associée depuis à " Démocratie et Socialisme ", nous n’avons cessé, en tirant pleinement les leçons du 21 avril 2002 :
Aujourd’hui, forts des encouragements multiples que nous avons reçus à l’occasion de la diffusion et de la défense de ce projet alternatif ou de nos participations aux mouvements sociaux récents, en particulier de la lutte contre le CPE, nous sommes prêts à œuvrer activement non seulement pour que la Gauche l’emporte en 2007, mais qu’elle porte durablement l’espoir de ceux qui souffrent et de ceux qui veulent changer le monde.
UN PROJET DU P.S. LARGEMENT INSUFFISANT
La Convention Nationale du PS sur le " projet " qui s’est tenue samedi 1er juillet a adopté le texte " Réussir ensemble le changement ". Sans enthousiasme, ni mobilisation particulière, et sans qu’aucun amendement conséquent n’en ait amélioré le contenu, le " projet " a été adopté. Chacun aura pu noter une faible participation au vote, y compris chez les " nouveaux adhérents du projet ", ainsi qu’une part non négligeable de votes contre et d’abstentions. Compte tenu du calendrier imposé, le projet n’a pu être ni lu ni discuté sérieusement. Notre projet alternatif " Pour une VIe République sociale " n’a pas été porté à la connaissance des militants et tous nos amendements, parce que jugés incompatibles avec la synthèse du Mans, ont été rejetés par le Bureau National, et par la Commission des Résolutions !
Comment peut-on proposer au peuple de gauche qui n’a cessé de manifester ses attentes et ses aspirations dans la rue de 2003 à 2006, et dans les urnes de 2004 à 2005 un " projet " aussi modéré ? Il fallait un projet infiniment plus hardi en 2007 qu’en 1997 et en 2002 pour répondre aux urgences sociales, aux dénis de justice, aux inégalités profondes, aux exigences populaires. A la Convention Nationale, il y a même eu une " explication " sur le financement du dit " projet " et le " coût " censé correspondre à celui-ci en… 5 ans. Ce " financement " projeté démontrait combien il n’y aurait pas de changement sauf à la marge… Là, c’était encore plus nettement sans nuance, une adaptation très à la marge du capitalisme, financé par " la croissance ", sans même qu’il soit question de reprendre au capital les immenses profits qu’il a effectué ces dernières années… . Or ce " projet " non seulement n’envisage pas de réelle redistribution, mais se défend déjà de n’avoir pas les marges de manœuvre suffisantes, accuse la droite de nous laisser des caisses vides et de nous empêcher par avance d’agir…
Le fait même de chiffrer un " projet " et non un programme pour solliciter un brevet de bonne gestion revient à céder par avance aux pressions idéologiques de la droite et du patronat.
C’est pour toutes ces raisons que nous avons appelé à voter contre ce texte.
Mais rien n’est achevé : ce " projet " va se heurter aux attentes des salariés, de la gauche toute entière et de nos électeurs. Il abandonne de fait la retraite à 60 ans ; il ne propose pas de loi pour rapprocher la durée du travail des 35 heures légales, ni de contrôle sur les licenciements boursiers et abusifs, ni de vraies mesures contre la précarité;il se limite de fait à une hausse modeste du SMIC (en brut et même pas à euros constants) " le plus vite possible " ; il ne renonce pas à ce présidentialisme qui pourrit la vie politique, et il n’apporte aucune garantie sur la réécriture générale du projet de constitution européenne,et notamment celle du Titre 1. Sous la pression sociale, Il y aura forcément discussion, confrontation, et aucun candidat ne pourra se présenter sans clarifier toutes les zones d’ombre, sans percuter ce " projet " De plus, on y cherche vainement les mesures structurelles permettant de rompre avec les logiques dominantes du capitalisme financier et notamment par un contrôle public sur les secteurs clés de l’économie.
Le vrai projet socialiste est devant nous !
FACE A UNE SITUATION DRAMATIQUE, UNE GAUCHE DESEMPAREE
La situation du pays se dégrade de manière dramatique : La droite continue d’empiler des mesures scandaleuses que ce soit vis-à-vis des cadeaux faits aux riches et aux entreprises, de l’immigration, de la prévention de la délinquance, de la liquidation du service public. Les banderoles des manifestations à peine repliées, de nouveaux scandales se développent au sommet de l’Etat, menaçant le président de la République lui même. La crise du régime s’approfondit, à tel point que, même à droite, certains disent clairement qu’il n’est plus possible que ce gouvernement dure jusqu’en avril 2007 et que les institutions de la Vème République ne permettent plus de résister au mouvement social, ni d’endiguer la crise du régime. Il faut que des voix s’élèvent pour dire haut et fort ce que chacun pense à gauche : Il faut changer de société et ne pas se contenter de changer la société, surtout à la marge.
Lors de la rencontre nationale que nous avions organisée le 29 avril 2006 pour présenter et débattre de notre projet alternatif, lors d’un débat auquel participaient plusieurs représentants de la Gauche (Les Verts, PCF, Collectifs du 29 mai, UFAL) , ainsi qu’Arnaud Montebourg, Henri Weber, Jacques Généreux pour la gauche du Parti , la plupart des participants ont constaté l’ampleur de nos points de convergence, à quelques formulations près, en s’interrogeant : pourquoi, alors que la gauche antilibérale est majoritaire au sein de la gauche, pourquoi ne parvient-elle pas à s’unir et à faire le nécessaire pour imposer programme et candidats qui correspondent à nos attentes communes sur le fond… Cette question reste entière aujourd’hui et le fait de ne pas y répondre suscite de plus en plus d’inquiétude chez les militants, nouveaux ou anciens adhérents, et chez nos sympathisants. Au sein de notre parti, la gauche du parti s’est divisée après la synthèse du Mans, même si le souhait d’unité reste très fort à la base. Et ce n’est pas forcément la multiplicité des candidatures à la présidentielle qui va redonner le moral aux militants !
Hélas, le reste de la Gauche subit les conséquences de la présidentialisation de la vie politique : Chacun privilégie une candidature qu’il estime être une condition de survie de sa formation politique. L’élan spontané et ouvert qui avait présidé à la constitution des collectifs unitaires pour le Non au référendum ne parvient pas à trouver un débouché politique. Même la recherche d’une " candidature unitaire anti- libérale à la gauche du PS " ne repose sur aucun élan politique réel et se perd dans les contradictions sur les attitudes à avoir par rapport à la principale force d’opposition de gauche, à savoir le PS.
NOTRE APPEL
Aussi, nous lançons cet appel tant aux militants du PS qu’à tous ceux, à gauche, qui ne se résignent pas à la division, aux politiques dictées par les sondages et aux projets tièdes et ambigus de réformes à la marge : C’est pourquoi, pour la présidentielle, nous appelons à soutenir le candidat ayant le mieux tiré les leçons du 21 avril 2002, le plus à même de réunir toute la Gauche et de créer par là un vrai mouvement de transformation sociale, à savoir Laurent Fabius. Il réunit ainsi toutes les conditions pour l’emporter.
Quels que soient nos différends politiques, nous faisons le constat suivant : Nous nous sommes retrouvés sur la même ligne lors de la campagne pour le Non au référendum sur le traité constitutionnel L’ensemble des déclarations qu’il a faites à l’occasion du travail sur le projet met l’accent sur l’ampleur des changements à opérer et affirme une ligne politique socialiste, laïque et républicaine, s’opposant au blairisme qui permet de rassembler aisément toute la Gauche et de répondre aux attentes qui s’expriment au sein du peuple de gauche. Nous pensons que, plus il aura de soutiens à gauche, plus ses prochaines propositions programmatiques seront susceptibles de répondre à nos attentes. Cela ne nous empêche pas de rester nous-mêmes et de nourrir à partir de nos positions le débat politique chaque fois qu’il le faudra. Nous pensons qu’il est important de participer activement et le plus tôt possible à la campagne interne qui s’annonce. Nous réitérons aussi avec force la position affirmée dans notre projet : Privilégier la discussion sur le fond avec les autres forces de gauche qui acceptent de gouverner ensemble plutôt que les postures médiatiques et personnelles. Pour cette discussion, tous les apports seront bienvenus. Pour que cette discussion soit fructueuse, il faut qu’elle porte tout à la fois sur :
Sur tous ces points, il s’agit non seulement d’être clairs pour faire en sorte que ce programme et que cette vision parlent à tous, en particulier à tous les salariés, mais aussi il ne faut pas hésiter à se montrer audacieux et novateur, pour bien montrer la capacité d’entraînement et de vraie rupture de la Gauche.
On devrait déboucher non seulement sur un accord de gouvernement, mais, sous une forme ou sous une autre, sur une vision commune de la société nouvelle à construire et sur les moyens d’y parvenir.
Dans cet esprit, les élections de 2007 doivent ouvrir une alternative politique ; elles doivent constituer le point d’appui d’un mouvement social important, en France et en Europe, qui participera à la construction d’une société nouvelle.
Pour concrétiser ces orientations, Forces militantes pour la démocratie & le socialisme tiendra son Université de rentrée à Cuincy, près de Douai (Nord)
les 29, 30 septembre et 1er octobre 2006.
Cette université sera centrée sur la définition collective des modes de rupture avec le libéralisme ambiant et la construction d’une vraie alternative en France, en Europe et dans le Monde
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