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Jeudi 24 avril 2008
 

Une information qui n’a pas fait grand bruit et pourtant il y a de quoi s’indigner. Nous venons d’apprendre hier, dans le très sérieux quotidien Les Echos, que la rémunération moyenne des patrons du CAC 40 est de 2,26 millions d’€, soit une hausse de 4,3% sur un an. Elle équivaut à 147 années de Smic. Cette moyenne porte sur le salaire cash et ne tient pas compte de l’attribution de stock-options et d'actions gratuites. Cette forme de rémunération plus ou moins opaque s’ajoute et constitue une part importante et sans doute croissante des revenus des patrons. Il faut également rappeler que les bénéfices totaux du CAC 40 ont progressé de 5% sur la même période ils s’élèvent à 97 milliards d'€. Avec un cynisme sans égal il est annoncé (NOUVELOBS) que ces patrons ont freiné la progression de leur salaire. Il est vrai que comparée à celle de notre président organisateur en chef de la casse sociale, qui : s’est alloué 143% d’augmentation, leur à fait cadeau de 15 milliards d’€ de cadeaux fiscaux, certains peuvent considérer que ces grands prédateurs se sont soudainement parés de toutes les vertus et se montrent raisonnables. Ils n’en sont tout de même pas à muer en Saint Martin et devenir partageux. Pendant ce temps le président indéfectible allié des grands capitalistes financiers et grand spolieur des salariés augmente royalement les retraites de 1,1%, les fonctionnaires de 0,8%, demande à de doctes économistes de plancher pour supprimer l’augmentation automatique du SMIG en fonction de l’inflation, rabâche qu’il n’y a plus d’argent alors que tout prouve le contraire. Pour ne pas le prendre où il est et le répartir équitablement il fait les poches des familles. Sur un an les produits alimentaires ont augmenté de 5,2% (hors produits frais), l’énergie de 11,4%. Les difficultés pour les ménages n’ont jamais été aussi réelles et ce soir notre mickey illusionniste va nous dire qu’il faut encore plus réformer pour avoir plus de régression sociale, plus d’inégalités, plus d’individualisme. Beau programme bel avenir. Pendant ce temps au PS on reste muet sur les solutions à apporter pour les salariés, mieux on vote avec lui pour valider et verrouiller la politique néolibérale de l’UE. Dans le fond pour l’aile droite du PS SarKo ne fait il pas les réformes de la régression qu’ils souhaitent ? : Allongement de l’âge de la retraite, privatisation, baisse des salaires… Pendant ce temps pour faire semblant d’exister on se gosse d’une déclaration de principes, florilèges de lieux communs, elle a pour but de s’aligner définitivement sur une social-démocratie européenne ralliée au libéralisme économique. L’objectif d’une économie sociale et écologique de marché, confirme l’acceptation et le vote du traité de Lisbonne, de ce fait le PS renonce à un projet alternatif d’organisation et de transformation sociale, à la socialisation, même progressive, des moyens de production et d’échange. Pour masquer cette orientation libérale il faut bien leurrer les citoyens avec la politique participative tant il est vrai que d’aller de Jaurès à Clinton demande d’abandon et de reniement des valeurs socialistes. Mieux pour confirmer on demande aux fédérations et sections d’organiser des réunions participatives sur ce thème ! Comme si au cours d’une seule de ces réunions on avait tenu compte de l’avis des citoyens, le texte étant à l’évidence bouclé d’avance, nous n’avons à en attendre que des retours de boom rang. Les électeurs ont bien compris que le néolibéralisme était l’apanage du chacun pour soi, le contraire du socialisme. Ceux que l’on rencontre tous les jours attendent d’une gauche d’opposition autre chose, ils sont préoccupés : par le pouvoir d’achat, l’emploi, les services public… en résumé leur avenir. Pour répondre à ces attentes nous devrions proposer une véritable réforme de nos institutions monarchiques, pour les remplacer par une République primo ministérielle, renforcer nos services publics, maîtriser l’énergie, l’eau, la santé, l’éducation… Mettre à mal le système économique néolibéral et lui substituer une économie régulée. Pour cela il faut être socialiste, humaniste, fraternel, égalitaire… Appliquer concrètement nos valeurs. Mais force est de constater que la direction du PS n’a pas cet objectif. Ils espèrent gérer le néolibéralisme en occupant les fonctions sans ne rien changer de fondamental en France nous avons vu les résultats de cette politique dans trois élections présidentielles, l’Italie vient récemment de nous en faire une brillante démonstration. La gauche si elle veut être à la hauteur a besoin d’un sursaut socialiste pas d’une orientation néolibérale.

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Mardi 22 avril 2008

Mobilisons-nous !  pour la défense du service public et  contre la RGPP.

Une pétition circule  
http://service-public-notre-richesse.fr/ 

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Jeudi 27 mars 2008

 27-03-08-03.jpg        27-03-08-02.jpg         

Les néolibéraux font reposer tout le fonctionnement de l’économie sur l’harmonie du marché, force est de constater qu’ils se trompent. Lorsque trois banques Anglo-Saxonnes perdent 18, 19 et 21 milliards de $, sans opérations frauduleuses, sans Jérôme Kerviel, lorsque en France la SG voit 7 milliards d’€ s’évaporer d’un seul coup, comment les nombreux commentateurs et éditorialistes peuvent ils mettre la crise financière sur le compte d’une folie des marchés ? Folie et immoralité ne veulent rien dire il faut parler de cécité intellectuelle, d’entêtement idéologique.

Le trader fou et l’accès de folie sont là pour masquer le disfonctionnement actuel. Ils donnent une apparence d’aberration exceptionnelle, un égarement incompréhensible, afin de ne pas remettre en cause les structures, le fonctionnement du système, en continuant d’affirmer son parfait bon sens. Face à de telles secousses, l’acharnement en leur croyance libérale, en leur capacité de déni mérite d’être dénoncé.

La finance libéralisée a un besoin permanent de cette folie pour fonctionner. Tous les acteurs sont laissés libres de développer frénétiquement leurs intérêts de profitabilité maximum dans des conditions féroces de concurrence et d’évaluation. C’est l’application directe du rêve sarkozyste, mérite individuel par l’argent, saine concurrence, évaluation permanente, d’où le disfonctionnement du système.

Folie et immoralité révèlent l’effet, la cause provient des structures.

Suite à la déréglementation des marchés de capitaux 24 crises se sont succédées depuis 1971, elles affectent des secteurs différents avec : le même délire spéculatif, la même carence des agences de notation, la même prolifération des structures hors bilans échappant aux contrôles comptables réguliers. Le krach de 1987 a égalé celui de 1929, non seulement en importance, mais il a été le premier à survenir depuis cette date, un recul de soixante ans. En 2007 la Northern Rock (banque anglaise) a frôlé la faillite il faut remonter à 1866 pour en retrouver l’équivalent. Comment peut-on parler de progrès de modernité ! Pourtant les ayatollahs idéologues néolibéraux n’en démordent pas, a chaque crise les mêmes recommandations, les mêmes promesses solennelles de transparence et de moralité qui ne sont jamais tenues dès que la bulle suivante commence.

De toute façon les responsables savent qu’ils ne seront jamais inquiétés lorsque la bulle financière qu’ils ont crée est lancée elle doit un jour éclater. Le banquier central devant l’énormité des conséquences sera pris en otage, il devra leur sauver la mise, la perversité du système est évidente. Pour ne pas affronter cette situation il faut empêcher la formation de la bulle en jouant sur le crédit, mais en le restreignant le risque est de tuer l’économie réelle. Pour éviter cette asphyxie il faut envisager deux taux différents l’un pour l’économie productive l’autre, à destination de la finance.

Les solutions techniques existent : crédit, plafonnement de la rémunération des actionnaires… mais elles sont nulles tant que les politiques n’ont pas la volonté de les appliquer. Depuis vingt ans ils préfèrent les solutions de marché à des solutions de remplacement réglementaires, depuis vingt ans leur inaptitude est avérée. Tous les faux-culs du système tissent les louanges de l’UE bouclier contre la mondialisation alors qu’ils savent pertinemment que les traités européens sanctuarisent la liberté de mouvement des capitaux, et s’opposent à toutes contraintes contre la finance. La liberté de mouvement des capitaux était inscrite dans la charte des droits fondamentaux du TCE de 2005, le TME article III-56 précise Toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites. Il a pourtant été adopté par voie parlementaire obscène déni de démocratie français.

Le FMI envisage le pire son directeur général adjoint a déclaré les gouvernements doivent se préparer à utiliser l'argent des contribuables pour sauver le système financier. Selon lui il faut envisager l'impensable, c'est-à-dire l'effondrement du système financier mondial, même si ce scénario reste improbable. Il a aussi affirmé les pouvoirs publics ont un rôle à jouer lorsque les solutions du marché ont été épuisées, en ajoutant qu'il faut envisager toutes les options, y compris l'utilisation des fonds publics. En clair le FMI est favorable au sauvetage par l'Etat des banques menacées de faillite.

Pour Monsieur Jean Claude Trichet La lutte contre l'inflation est la plus haute priorité de la BCE. Face à l'envolée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie il craint de fortes revalorisations de salaires, qui viendraient encore alimenter l'inflation. Il a justifié la politique menée par la BCE qui maintient son taux directeur inchangé à 4% depuis l'automne dernier. Alors que la FED aux USA a ramené son principal taux directeur à 2,25%.

Les citoyens français comprennent parfaitement que cette politique économique engendre, la régression, la baisse de leur pouvoir d’achat, le chômage, le crédit cher, les délocalisations… La parfaite autorégulation des marchés est une duperie qui doit être dénoncée nous ne pouvons attendre passivement la prochaine crise les causes inchangées produiront les mêmes effets. Personne ne peut rester insensible au spectacle de ses formidables destructions de valeur, ne pas exploiter les soubresauts de ces crises en installant la question financière au cœur du débat politique serait une faute politique.  

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