
Volontairement on oublie de préciser qu’une révolution est un changement brusque et
violent qui a pour conséquence de remplacer la classe dominante par les opprimés en instaurant une autre politique. Les évènements de Mai 68 ont conduit au contraire, les renforcer. Le comble est
que tous les ex agitateurs de l’époque occupent des postes de pouvoir et sont de farouches néolibéraux.
Il est de bon ton de livrer ses souvenirs les voici.
Les plus forts souvenirs de mai
1968 c’est tout d’abord d’avoir été cloué au lit par un méchant flegmon. Mon épouse enceinte de notre deuxième fille me remontait du village, nous habitions alors Pierre Bénite banlieue sud de
Lyon, les siphons d’eau de seltz et le journal le monde seul journal encore disponible. C’est ainsi que j’ai pu améliorer mes connaissances politiques en lisant les articles au combien
intéressants de Maurice Duverger. Ayant repris le travail assez rapidement j’étais à l’époque à 31 ans cadre technico commercial dans une grande multinationale. Nous faisions grève par
procuration car l’essence manquait et nous ne pouvions nous déplacer sur la région Rhône Alpes. Dans la réalité nous étions informés par ce qui se passait à Paris par ce que nous montrait l’ORTF
lorsqu’elle émettait. Un jour le directeur du marketing sous prétexte de déterminer des nouveaux produits était venu nous rendre visite en région en fait j’avais compris qu’il venait prendre le
poult et la tendance des troupes l’ambiance travail sur les futures produits n’était pas très soutenue ni très active. Au cours du repas du midi une tradition dans le monde des cadres il s’est
lancé dans un long discours sur la révolution qui touchait plus particulièrement Paris. Je me suis empressé de lui porter la contradiction en affirmant qu’il s’agissait d’un grand chahut
d’enfants gâtés et non pas d’une révolution comme je l’entendais au sens ou elle apporterait effectivement une révolution dans le rapport entre le capital et le travail. Malheureusement la suite
des évènements m’a donné raison. Après 25% d’augmentation du SMIC et 50% du SMAG qui furent récupérés très rapidement par le capital il n’est resté ce qui n’est pas négligeable une ouverture de
la société qui en avait bien besoin, un autre type de rapport avec la hiérarchie, une formidable libération pour les femmes. Des cloisonnements avaient définitivement sauté mais le capital
restait plus que jamais maître du jeu dans ce sens n’en déplaise à ceux qui ont dix ans de moins que moi qui militent à la gauche du PS qui sont très sincèrement de gauche dans ce sens il n’y a
pas eu révolution. Je prends deux exemples tous les meneurs de mai 68 sont devenus de fervents néolibéraux capitalistes irréductibles. Un seul fait exception Alain Geismar je pense ne pas me
tromper de nom. Il faut rendre hommage au préfet Grimaud qui a maintenu l’ordre sans qu’il y ait de mort. Sans enlever quoique ce soit à son mérite je ne peux m’empêcher de penser que si les
barricades n’avaient pas été tenues par des enfants de la bonne bourgeoisie il en eu été tout autrement. Je crains fort que si elles avaient été tenues par des ouvriers en casquette et bleu de
travail Monsieur Grimaud aurait été remplacé par un sanglant Monsieur Thiers. Je regrette d’avoir eu raison trop tôt mais nous ne devons surtout pas laisser liquider l’héritage de mai 68. Nous
savons maintenant que les salariés ont besoin d’une autre forme de revendication pour qu’ils puissent récupérer ce que les néolibéraux leur prennent depuis et surtout défendre en priorité les
droits des femmes et de nos filles. C’est pourquoi je suis engagé à gauche depuis 1962.
Avant mai 68 ce qui primait c’était le collectif c’était une
valeur cardinale. Dans l’entreprise les équipes formaient un bloc soudé et les résultats appartenaient à tous sans distinction. A partir de 70/72 les choses ont changé restructuration,
compétition individualisme, plus de collectif, la culture du résultat personnel c’est mis en place. Des dirigeants apatrides sont arrivés, ils nous ont inculqué le contraire de l’esprit
collectif, la compétition individuelle. Toujours faire mieux, faire plus que contre tel ou tel pays, que telle ou telle usine. Le néolibéralisme se mettait en place insidieusement jusqu’à devenir
insupportable.
DEMOCRATIE








Mercredi soir, à son domicile le combat

JE SUIS AVEC
VOUS






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